Versailles fascine bien au-delà de son caractère de ville historique. Souvent désignée comme le lieu de l’invention de la ville classique, on peut y observer la manière dont le parc a intériorisé les structures du grand territoire pour générer les formes de la ville. Cette articulation entre la géographie, les structures agraires et la forme de la ville au travers de la construction d’un parc est une extraordinaire référence pour les acteurs de la ville contemporaine.
A l’échelle de la métropole parisienne, ce territoire côtoie de profondes mutations : le parc se trouve aujourd’hui à l’articulation de zones urbaines en transformation, par exemple en lien avec le cluster de Paris-Saclay.
Au contact du parc, une parcelle concentre et miniaturise toutes les problématiques liées aux transformations contemporaines. Pion est une caserne abandonnée sur un terrain d’environ 20 ha pour lequel la ville de Versailles a commencé une étude urbaine pour créer un nouveau quartier.
LES PRINCIPALES ENTITES PAYSAGERES
La grande terrasse
La terrasse prend la forme d’une vaste pelouse plantée d’un verger. Un chemin d’une largeur de 6 mètre accueille l’ensemble des usagers (piétons, cyclistes, cavaliers). Sa situation en belvédère permet de mettre à profit les vues sur le grand paysage : allées du Parc de Versailles, coteaux boisés de la Plaine de Versailles, espace ouvert central du site.
Elle est plantée sur toute sa longueur de vergers sur une trame de 8 mètres, ce qui permet de donner une limite paysagère épaisse au Quartier. C’est également un cheminement majeur, à l’échelle des tracés du parc classique. La terrasse est reliée aux espaces qu’elle surplombe par des rampes, inspirées du Potager du Roi.
Le cordon boisé
Inspiré par les grandes continuités boisées des coteaux de la Plaine de Versailles, le cordon boisé est une entité paysagère multiforme dont l’intérêt est avant tout fonctionnel. Sa plantation sur une largeur moyenne de 30 mètres permet de créer une barrière efficace pour les nuisances sonores et visuelles liées aux voies ferrées. C’est aussi un lieu qui accueille des stationnements complémentaires à ceux du quartier (visiteurs, événementiel, etc.), au sein de grands mails plantés.
La plaine centrale
La Plaine centrale est un espace ouvert de forme triangulaire de près de 3 hectares. Il se situe au nord du Quartier. Dans cet espace, seuls quelques vergers linéaires sont plantés de façon à créer une série de vastes salles successives. De cette façon, cette partie du site demeure libre : elle peut potentiellement accueillir une grande diversité de programmes (parc public, centre équestre, autres).
La cité-jardin
La Cité-Jardin est exemplaire du point de vue paysager. Les plantations y sont très présentes et en parfaite cohérence avec celles du site. Le paysage de la Cité jardin est ainsi une combinaison des éléments définis pour le reste du projet. On trouve ainsi :
- dans les jardins privés, des plantations de grands arbres sur le même mode que dans le cordon boisé,
- le long des rues et sur les places, de petits vergers, inspirés par les vergers de la terrasse.
Un traitement des limites toujours intégré au paysage
Dans la conception des projets, on considère les qualités de tout espace privé ou clos comme participant à celles de l’espace public.
Pour cette raison, les clotûres et limites doivent être particulièrement soignées. Trois systèmes sont envisageables :
- En règle générale, notamment en limite de site, on recommande d’insérer les clotures au sein des plantations de la strate arborée, de façon à ce que celle-ci soit la moins visible possible. Dans tous les cas, les clôtures sont toujours de dessin simple et les plus discrètes possibles.
- Un autre système privilégié dans le quartier pour séparer le public et le privé ou les différents jardins est celui des haies de charmes et de hêtres.
- Enfin, dans certains cas très spécifiques, les limites peuvent prendre la forme de fossés ou Ah-ah, qui ont l’avantage de ne pas modifier la perception de l’espace ouvert.
Ville de Versailles
Michel Desvigne Paysagiste
Inessa Hansch Architecte
Une fabrique de la Ville
TRIBU
Atelier Philippe Prost
20 ha