Face à l’exiguïté de son territoire, la Principauté de Monaco a lancé un nouveau projet d’urbanisation en mer pour créer un quartier sur un terre-plein de 6 hectares. La spécificité même de la nature d’une extension en mer, la création d’un milieu se voulant naturel dans un contexte totalement artificiel, nous amène à faire appel à des techniques et des ingénieries très spécifiques pour la construction de ce paysage.
Le projet de l’Anse du Portier est très largement déterminé par la géographie naturelle, par la représentation que nous en avons. Il apparait comme une sorte de réplique des reliefs naturels. Cette extension en mer se caractérise par des dimensions et des continuités physiques qui l’apparentent à certaines presqu’îles naturelles, et permettent de la considérer comme une « unité paysagère ». Au-delà de la métaphore formelle, nous installons un sol fertile, abondant et continu, malgré l’extraordinaire complexité des infrastructures bâties.
L’installation d’un substrat à l’échelle d’un paysage naturel est un enjeu majeur. La végétation s’implante en fonction de son sol, de ses différentes profondeurs, de ses pentes. Une cohérence s’établit entre les reliefs artificiels, le sol créé et les formes végétales. Cet univers végétal évoque le paysage méditerranéen endémique que l’on observe aux alentours de Monaco. La flore méditerranéenne s’impose. C’est un choix singulier et contemporain dans cette région aux jardins exotiques réputés : celui de privilégier l’évocation du grand paysage, de la nature, plutôt que la constitution d’un décor exotique comme au 19ème siècle.
Si le paysage de l’Anse du Portier a une forte composante végétale naturaliste, c’est aussi un important tissu d’espaces publics : quais, places, gradins, rues et promenades se succèdent pour former un socle monolithique. L’ensemble des surfaces minérales est traité dans un matériau unique, une pierre calcaire caractéristique des espaces publics monégasques.
Le projet de l’extension en mer, et plus particulièrement le projet de paysage, s’inscrit dans un processus de développement s’étalant sur plusieurs années. Nous mettons à profit ce temps de réalisation pour cultiver et préparer la végétation qui sera plantée dans les dernières années d’exécution du chantier. Les végétaux, principalement les arbres à grand développement comme les pins d’Alep et les pins parasols, sont aujourd’hui cultivés sur un site de culture.
Cette production ex situ permet de préparer des végétaux dans des conditions environnementales adéquates au futur site, et de garantir une végétation déjà constituée, avec des arbres atteignant quasiment leur maturité à la plantation. Mais contrairement à un travail en pépinière, cette préparation suit une visée esthétique précise, spécifique au projet. La préfabrication de ce paysage est garantie par un suivi méticuleux, un entretien soigné et une sélection menés conjointement par notre équipe, les pépiniéristes et les ingénieurs spécialistes en botanique et terres fertiles. Dans un second temps il s’agira de déplacer et transplanter cette végétation sur le site de l’extension en mer.
Groupement de la SAM L’Anse du Portier
MDP Michel Desvigne Paysagiste
RPBW, Renzo Piano Building Workshop
Alexandre Giraldi
Patrick Raymond
Valode & Pistre Architectes
Emmanuel et Olivier Deverini.
Bureau d’études: Egis, Oasis, Somibat, Tractebel Engineering, Andromède Océanologie, MBA (AMO), JB Pastor & SNEF, Creaplan, A9C.
6 ha